Le commerce équitable face à la hausse du cours des céréales

On peut retenir que les soi-disant “biocarburants” qui n’ont de bio que le nom, sont une des causes de cette hausse (au delà de l’augmentation de la demande alimentaire, des coûts de transport et de la spéculation) et qu’il va bien falloir trouver autre chose (pile à combustible, moteurs électriques ou autres moteurs à air comprimé (technique en devenir ?), utilisation d’autres substances non alimentaires pour fabriquer des « biocarburants »…) pour pouvoir résoudre de façon durable le problème des gaz à effet de serre et de l’épuisement des hydrocarbures. Sinon on risque de voir rapidement les effets d’une solution pire que le mal, surtout si on tient compte que ces pressions déjà apparentes sur le marché ne résultent que d’une faible part des véhicules en circulation.

Par ailleurs il apparaît que les capacités de production restent peu exploitées mais que les petits producteurs sont à la fois dans l’incapacité d’investir pour accroître leur production et souffrent de l’augmentation des intrants (entre autre les semences… suivez mon regard) et de la pression foncière. Certes les gouvernements locaux peuvent agir à leur niveau, mais on peut craindre aussi l’abandon d’une culture vivrière diversifiée pour aller vers une monoculture fragile par nature et économiquement, écologiquement et socialement insatisfaisante.

Face à cela le commerce équitable (le « vrai » oserais-je ajouter si on considère qu’en la matière certains distributeurs avides de nouveau créneau porteur ont développé des filières « a minima ») apporte des solutions. Il pousse les petits producteurs à s’organiser généralement en coopérative de production. Il stabilise leurs revenus en leur permettant ainsi de se projeter dans l’avenir et d’investir car n’oublions pas qu’un revenu stable est largement préférable à un revenu fluctuant même s’il est parfois élevé (d’autant que les dispositions du commerce équitable prévoient une hausse du prix payé au producteur au dessus du cours officiel si celui-ci venait à dépasser les prix garantis fixés au départ). Il privilégie une agriculture pas forcément bio mais au moins raisonnée qui ne mette pas en péril l’avenir du sol cultivé et des personnes qui y vivent. Il permet la mise en place de structures collectives (école, dispensaire…) qui au delà du bien-être apporté aux populations ont à moyen et long terme ont un impact avéré sur la productivité…

Voilà un argument de plus pour les tenants de cette forme alternative de commerce, dont je fais partie vous l’aurez compris, commerce équitable qui s’il se développe au delà de l’effet de mode constitue à mon sens, économiquement, socialement et écologiquement, une vraie chance de développement soutenable.

Pour ceux qui me diront “oui mais c’est plus cher”, je répondrai que consommer mieux celà n’est pas forcément plus cher. Le riz, ou les céréales en général, même équitables (et même “bio” puisque les deux vont parfois de pair), cela reste très abordable et généralement moins cher que des produits “de marques connues”. Par ailleurs si les producteurs peuvent s’organiser, les consommateurs le peuvent aussi et s’associer pour acheter en grosse quantité à un tarif bien plus abordable c’est possible. De plus on peut procéder par des substitutions progressives de produits de consommation par des produits de “consommaction” en fonction de ce à quoi on a accès à un tarif raisonnable en fonction de ses revenus, ainsi c’est financièrement indolore.

Christine GERARD (Ardèche)

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