avr 30
EQUIMADA: un exemple à suivre
posted by: admin in Bio, Commerce équitable on 04 30th, 2008 | | No Comments »

plantationDe formation agro - industrielle, Monsieur Naïna est un petit producteur d’huiles essentielles malgache détenant un alambic inox de 600 litres. Ses principaux produits sont: la tagète, le ravintsara, l’helichrise, le lantana camara et l’eucalyptus citriodora. Il produit en moyenne 50 à 100 Kg de ces produits par an. Il déplace pour cela son matériels d’extraction en brousse et dans la forêt pour trouver de la masse verte. Ses principaux clients sont les exportateurs locaux comme HOMEOPHARMA et PHAEL-FLOR, mais qui - nous dit-il - achètent ses produits à très bas prix (ce sont tous des “semi-producteurs” qui achètent à très bas prix aux petits producteurs pour compléter leur production, bien qu’ils soient déjà connus sur le marché). En 1996, Naïna a essayé de développer avec des artisans l’exportation de l’huile essentielle en petites bouteilles avec des produits artisanaux en Europe dans le commerce équitable. Il en avait déjà exporté plusieurs lots, mais l’entreprise a échoué après un an, compte tenu d’un grave problème de détournement. Avec un groupement de producteurs dans la région qui détient déjà au total plus de 20 000 litres d’alambic en inox, Monsieur Naïna a un grand projet de culture et d’extraction d’huiles essentielles qui embrasse la dimension sociale et environnementale (reboisement). Dans cette perspective, en septembre 2005, Mr Naïna et l’équipe de Forest People ont imaginé et crée EQUIMADA – La 1ere Coopérative Bio & Equitable de Madagascar.

“A travers ce projet, nous nous sommes donnés comme objectifs prioritaires :

* Valoriser le travail des petits producteurs d’huiles essentielles de Madagascar

* Créer des filières de commerce équitable de haute qualité

* Valoriser les produits de la forêt et la biodiversité malgache (essences endémiques)

* Planter des arbres utiles (régénération de la masse verte locale)

* Favoriser une gestion responsable des ressources forestières

* Redynamiser les économies locales

* Créer des alternatives concrètes à la déforestation.”

Monsieur Naïna est aujourd’hui Président de la Coopérative EQUIMADA.

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avr 16

On peut retenir que les soi-disant “biocarburants” qui n’ont de bio que le nom, sont une des causes de cette hausse (au delà de l’augmentation de la demande alimentaire, des coûts de transport et de la spéculation) et qu’il va bien falloir trouver autre chose (pile à combustible, moteurs électriques ou autres moteurs à air comprimé (technique en devenir ?), utilisation d’autres substances non alimentaires pour fabriquer des « biocarburants »…) pour pouvoir résoudre de façon durable le problème des gaz à effet de serre et de l’épuisement des hydrocarbures. Sinon on risque de voir rapidement les effets d’une solution pire que le mal, surtout si on tient compte que ces pressions déjà apparentes sur le marché ne résultent que d’une faible part des véhicules en circulation.

Par ailleurs il apparaît que les capacités de production restent peu exploitées mais que les petits producteurs sont à la fois dans l’incapacité d’investir pour accroître leur production et souffrent de l’augmentation des intrants (entre autre les semences… suivez mon regard) et de la pression foncière. Certes les gouvernements locaux peuvent agir à leur niveau, mais on peut craindre aussi l’abandon d’une culture vivrière diversifiée pour aller vers une monoculture fragile par nature et économiquement, écologiquement et socialement insatisfaisante.

Face à cela le commerce équitable (le « vrai » oserais-je ajouter si on considère qu’en la matière certains distributeurs avides de nouveau créneau porteur ont développé des filières « a minima ») apporte des solutions. Il pousse les petits producteurs à s’organiser généralement en coopérative de production. Il stabilise leurs revenus en leur permettant ainsi de se projeter dans l’avenir et d’investir car n’oublions pas qu’un revenu stable est largement préférable à un revenu fluctuant même s’il est parfois élevé (d’autant que les dispositions du commerce équitable prévoient une hausse du prix payé au producteur au dessus du cours officiel si celui-ci venait à dépasser les prix garantis fixés au départ). Il privilégie une agriculture pas forcément bio mais au moins raisonnée qui ne mette pas en péril l’avenir du sol cultivé et des personnes qui y vivent. Il permet la mise en place de structures collectives (école, dispensaire…) qui au delà du bien-être apporté aux populations ont à moyen et long terme ont un impact avéré sur la productivité…

Voilà un argument de plus pour les tenants de cette forme alternative de commerce, dont je fais partie vous l’aurez compris, commerce équitable qui s’il se développe au delà de l’effet de mode constitue à mon sens, économiquement, socialement et écologiquement, une vraie chance de développement soutenable.

Pour ceux qui me diront “oui mais c’est plus cher”, je répondrai que consommer mieux celà n’est pas forcément plus cher. Le riz, ou les céréales en général, même équitables (et même “bio” puisque les deux vont parfois de pair), cela reste très abordable et généralement moins cher que des produits “de marques connues”. Par ailleurs si les producteurs peuvent s’organiser, les consommateurs le peuvent aussi et s’associer pour acheter en grosse quantité à un tarif bien plus abordable c’est possible. De plus on peut procéder par des substitutions progressives de produits de consommation par des produits de “consommaction” en fonction de ce à quoi on a accès à un tarif raisonnable en fonction de ses revenus, ainsi c’est financièrement indolore.

Christine GERARD (Ardèche)

avr 16
Max Havelaar dérape sur le coton OGM
posted by: admin in Bio on 04 16th, 2008 | | No Comments »
Un article de l’Humanité (ici dans son contexte original)
Pour développer sa première filière non alimentaire, l’organisation de commerce équitable a signé un accord avec Dagris, le Monsanto français.

En Afrique, le prix de vente du coton, à la baisse depuis dix ans, est inférieur à son prix de revient, pourtant très bas. Plus de 20 millions de personnes vivant de cette culture se retrouvent en situation de grande précarité. Dans ce contexte, l’un des organismes de labellisation privée du commerce équitable en France, Max Havelaar, s’est lancé dans la filière du coton équitable dans l’aimable intention d’aider les petits producteurs du Mali, du Sénégal, du Cameroun et du Burkina Faso. Jusqu’ici, salve d’applaudissements. Jusqu’ici seulement. Car, pour mettre en place cet altruiste projet, Max Havelaar a signé un partenariat avec Dagris. Jadis compagnie française pour le développement des fibres textiles installée par la France dans ses colonies, Dagris constitue aujourd’hui la plus importante société cotonnière française en Afrique de l’Ouest… Qui prône et promeut l’usage d’organismes génétiquement modifiés auprès des producteurs ! Réaliser du commerce équitable, dont l’un des principes refuse l’utilisation d’OGM, tout en s’associant avec une firme qui, loin de préoccuper de l’équité du marché cotonnier et du respect de l’environnement, dope artificiellement la compétitivité du coton africain… Le concept est original mais, espérons-le, voué à l’échec. Le coton transgénique Bollgard II permettrait de lutter contre les parasites et les mauvaises herbes, et donc d’augmenter les rendements. Mais, selon Jean-Didier Zongo, professeur en génétique à l’université de Ouagadougou (Burkina), « contrairement à ce qui était prévu, aucune structure n’a été mise en place par l’État pour assurer la

réglementation, le risque de contamination des cultures « naturelles » est grand, car, en Afrique de l’Ouest, les parcelles sont rapprochées. Mais, surtout, les producteurs vont se retrouver dans une position accentuée de dépendance ». Bref, on ne voit vraiment pas ce que Max Havelaar vient faire dans ce contexte, à moins que l’organisation ait renoncé à faire du commerce équitable.

Ch. C.

avr 16
La culture du coton et les pesticides
posted by: admin in Culture on 04 16th, 2008 | | No Comments »

Le coton se cultive également dans de nombreux pays en voie de développement et dans ces pays plusieurs millions d’habitants dépendent pour leur survie de l’industrie textile (au Mali le coton représente 70 % des exportations). Dans le monde, la récolte cotonnière annuelle équivaut à 23 milliards de dollars.

La culture du coton est aussi la plus polluante connue. De 10 aspersions de pesticides - par avion - dans les années 50, les paysans peuvent désormais traiter jusqu’à 40 fois les cotonniers par cycle de production (tous les trois jours). Au Guatemala, les femmes vivant sous les aspersions des champs de coton ont dans leur lait maternel des doses 25 fois supérieures à celles paraissant acceptables dans le lait de vache pour l’OMS.

2 à 3 milliards de dollars sont ainsi dépensés pour les achats de pesticides, soit 25 % du chiffre d’affaires total des pesticides vendus sur le marché mondial !

En Inde, 50 % des pesticides passent sur le coton, soit 5 % des terres cultivées. Parmi ces pesticides, le DDT très toxique est encore utilisé dans certains pays.Le cotonnier est une plante très exigeante en eau et en éléments nutritifs, elle nécessite une grande fertilité du sol ; Les exploitations ont ainsi recours à des apports d’engrais massifs. Au Mexique, sur une exploitation, on a recensé 17 produits différents quasiment tous interdits en Europe.

Des défoliants très toxiques sont utilisés pour tuer la plante et éviter de ramasser le coton à la main ; tel un dérivé de “l’Agent Orange”, défoliant au cyanure, utilisé pendant la guerre du Vietnam.
Aux USA, le coton OGM, pousse de couleur bleue qui a l’avantage de supprimer une opération de teinture et de plus, consomme moins d’eau.

Quelques catastrophes écologiques sont à mettre sur le compte de la culture conventionnelle du coton, l’assèchement à 80 % de la mer d’Aral, les attaques d’insectes et de champignons parasites en Chine, en Inde et au Pakistan. Empoisonnement de tout l’écosystème, des hommes, du bétail, épuisement des terres, voilà le triste bilan de cette culture, pas triste pour tout le monde, car certains en tirent de substantiels revenus. Le coton 100% naturel que nous achetons cache donc une réalité pas toujours soupçonnée de tous.

Regardez cette video (en anglais) sur la culture du coton et le problème des pesticides en Inde :